France, terre de luxe - La France a de l'avenir 10/12

Société


France, terre de luxe - La France a de l'avenir 10/12

En moins de vingt ans, grâce à la mondialisation qui effraie tant une majorité de Français, quelque 400 millions de Chinois, d'Indiens, de Brésiliens, avec d'autres, sont sortis de la pauvreté. Autant de nouveaux clients pour les produits de luxe français.

Dans un classement réalisé pour la première fois par Interbrand, une entreprise spécialisée dans la création et la gestion des marques, Louis Vuitton-le vaisseau amiral du groupe LVMH-s'impose nettement comme la première marque mondiale du luxe.

Mais, ensemble, cinq marques françaises représentent 53 % de la valeur totale des quinze premières griffes mondiales, contre 28 % pour les six marques italiennes.

Derrière Vuitton, les premières places du palmarès sont tenues par Gucci (groupe PPR), Chanel et l'horloger suisse Rolex. Le groupe familial Hermès s'installe, lui, à la cinquième place.

Même si le luxe n'échappera pas à la crise, les réserves de croissance que constitue la clientèle des pays émergents font de l'industrie du luxe française, qui emploie plus de 80 000 personnes, un atout de premier ordre pour l'avenir.

En Chine, on estime que les « high net worth individuals » (les individus à fort potentiel économique) s'élèvent à 415 000, soit plus qu'en Russie, en Inde et au Brésil réunis. Ce pays, dans lequel Vuitton vient d'ouvrir son vingt-septième magasin, pourrait ainsi devenir pour les marques françaises un nouveau Japon.

Un signe ? Depuis un an, l'action Hermès a progressé de 16 %, alors que l'indice CAC 40 a reculé de 35 % sur la même période. Les ventes de ses mythiques sacs Kelly et Birkin, proposés à partir de 4 300 euros pièce, ont progressé de 14 % au dernier trimestre 2008, en dépit des turbulences de la crise financière.

En 1972, lors d'une conférence de presse télévisée, Georges Pompidou s'était écrié : « Chère vieille France, la bonne cuisine, la haute couture et les bonnes exportations du cognac, du champagne et même du bordeaux ou du bourgogne, c'est terminé. La France a commencé et largement entamé une révolution industrielle. »

C'était, à l'époque où l'on inaugurait Fos-sur-Mer, ravaler l'industrie du luxe au rang d'antiquité aimable et en faire le symbole de la frivolité française. Une vision industrialiste qui gangrène encore les esprits de ceux qui nous gouvernent et les empêchent de prendre en compte les atouts « naturels » d'un pays qui doit au luxe la force de sa « marque » dans le monde.

En 1851, à l'occasion de l'Exposition universelle de Londres, l'économiste Adolphe Blanqui en avait pris la mesure qui écrivit : « La véritable prospérité de notre pays repose sur le développement progressif de ses industries naturelles, c'est-à-dire de tous les arts sur lesquels l'habileté de la main et la pureté du goût peuvent exercer leur influence. »